
LAPONIE – Rajala
C’est l’histoire d’un tout petit village perdu loin dans le nord, à 160 km au nord du cercle polaire, en Laponie finlandaise, perdu au milieu des immenses espaces de la Taïga, Rajala. C’est le royaume des rennes, des derniers espaces vierges du continent ; c’est aussi le monde des derniers indiens d’Europe. Le territoire des Lapons, bergers nomades suivant les troupeaux semi sauvages lors des grandes migrations saisonnières avant que des frontières séparent les états : Suède, Norvège, Finlande, Russie. Ce monde pastoral se meure, le développement fulgurant de ces pays a restreint cette liberté de transhumances, les lapons se sont sédentarisés, les jeunes quittent la forêt et les hameaux se vident, Rajala a vu sa population décroître en un demi-siècle passant de près de 500 à 80 habitants aujourd’hui.
Dans les années 70 Patrick retourne en Laponie et essaye de trouver des solutions pour redonner une vie au village et commence la mise en place de séjours pour des touristes étrangers rêvant de nature – c’est la naissance de « Taïga Safari » qui va lancer des programmes de séjours tout à fait inédits dont « Une vie de Lapon ». Pendant une semaine des petits groupes se succèdent pour s’initier à cette vie et s’imprégner de la culture de ce peuple en fin de carrière…
Au programme du ski de fond, découverte de la nature, la vie des rennes avec une balade en « Pulka » (sorte de traîneau tout terrain passant partout en forêt tiré par un renne). Tout apprendre sur les rennes et participer aux soins, initiation au skidoo, au Sauna, au ski nocturne et nuit sous un « Kota » (tipi lapon), des chants lapons et des histoires contées par le dernier shaman, banquet, bien sûr, à base de viande de renne auprès d’un grand feu de bois… des souvenirs inoubliables pour les enfants et parents, découverte d’un monde fantastique pour les citadins.
Parallèlement la Laponie devient une destination que la Finlande souhaite pouvoir exploiter et va y démarrer une politique de développement d’infrastructures touristiques concentrés dans quelques sites de ces contrés encore sauvages – c’est la naissance du Centre du Père Noël à la sortie de Rovaniemi, juste à la frontière du Cercle Polaire à 4 km de l’aéroport sur la route du Grand Nord.
Le petit aérodrome de Rovaniemi devient un aéroport international avec des vols charters depuis la plupart des capitales européennes et une clientèle asiatique exponentielle arrivant sur des longs courriers directs de la Finnair par la route polaire.
C’est la Finlande qui aura gagné, le pays du père noël c’est bien en Finlande, à Rovaniemi décevant les vœux des autres prétendants (Suède, Norvège, le Groenland pour le Danemark, le Canada et l’Alaska… mais la réalité sur place, le village dit du père noël n’est autre qu’un centre commercial sur le thème de noël où la carte de paiement règne…
Le succès est fulgurant, la demande est plus grande que notre petite structure d’accueil peut offrir, nous souhaitons démarrer un projet d’agrandissement qui sera freiné net lors de la grave crise que vont connaître les banques finlandaises à la fin de la Perestroïka. Depuis, nos activités vont se recentrer sur les Pays baltes qui retrouveront leur indépendances en 1991, c’est la naissance d’une nouvelle structure : « Taiga Euro Baltika ».
Suite à la crise financière qui touche la Finlande encore isolée des organisations internationales, ni membre de l’Otan et pas encore de l’Union européenne (intégré seulement en 1995), le pays a plus que jamais besoin de réserves d’or pour soutenir son économie. Des prospections sont entreprises et un ancien filon est retrouvé près du village, vite une mine est ouverte et deviendra la plus importante en Finlande.
Notre structure est louée pour les techniciens de la mine et assure des revenus supplémentaires tout le long de l’année, le tourisme à Rajala est temporairement gelé.
En contrepartie de leur implantation non loin du village, mais certainement et surtout pour leurs propres besoins, la route qui relie Rajala à la route principale soit plus de 30 km est asphaltée. Ce qui devait être l’arrivée du progrès devient la voie de la sortie pour encore de nombreuses personnes qui vont déserter vers les villes.
Pour réaliser ce documentaire nous étions une équipe de 5 personnes pour 2 mois de tournage en hiver dans des conditions parfois très singulières, blizzard, froid intense et aventures garanties..
Produit en 1990 ce film en français a été entièrement autofinancé par Taiga Safari. Ce fut aussi le tout premier à présenter la Laponie, il a été largement diffusé auprès des T.O.
Un grand merci à Christophe Petitpas pour sa participation.





